En ce qui concerne notre avenir en commun, il ne s'agit pas de le rêver, mais d'agir, et de lutter pour le rendre possible. (D'après St Exupéry).

   Avant la transition énergétique, je vais d'abord parler de ceux à qui nous obéissons.

   De gré ou de force, mais le plus souvent de force.

   De ceux qui jouent avec nos vies.

   Parfois ils gagnent, parfois ils perdent. Et quand ils gagnent, nous perdons. Et quand ils perdent, notre victoire est grignotée au fil des années. Ça leur prend un peu de temps, mais du temps, ils en ont. Nous, non : notre espérance de vie est bien inférieure à la leur.

   Ils font peser le poids de leurs crises sur nos épaules. Guerres, famines, épidémies, nous sommes les principales victimes de leurs crises. Eux sont à l'abri.

   L'imagination créatrice, l'inventivité, c'est chez nous qu'on les trouve, de l'ingénieur au chômeur.

   Eux, les prédateurs cupides, ne pensent qu'à s'emparer de ce que nous créons.

   Tout ce que nous avons inventé, ils s'en sont emparé pour nous endormir et nous dominer:

   Nous avons inventé la beauté, ils s'en sont emparé pour spéculer sur l'art.

   Nous avons inventé l'agriculture, ils s'en sont emparé et nous ont donné MacDo.

   Nous avons inventé l'imprimerie, ils s'en sont emparé et nous ont donné Gala.

   Nous avons inventé la télévision, ils s'en sont emparé et nous ont donné Touche pas à mon poste. Le "temps de cerveau disponible".

   Nous avons construit des écoles, ils s'en sont emparé et nous ont donné l'ENA.

   Nous avons inventé Internet, ils s'en sont emparé et nous ont donné Amazon.

   Et cætera, Et cætera…

   Les voleurs.

   Qu'ont-ils de différent, qu'ont-ils que nous n'avons pas, ou peu ?

   Ils sont toujours égoïstes, nous sommes souvent solidaires.

   Ils sont toujours arrogants, nous sommes souvent fraternels.

   Ils sont toujours sans pitié, nous sommes souvent compatissants.

   (Madeleine Allbright, la secrétaire d'état étasunienne, à propos des 500.000 enfants victimes des bombardements US et de l'embargo contre l'Irak : " C'est le prix à payer". Sans pitié vous dis-je !)

   Ils n'ont qu'une seule loi : minimum d'efforts, maximum de profits et de pouvoir.

   Nous sommes travailleurs et ne comptons pas notre peine.

   Ils sont arrivés à ce que l'économie dirige le politique.

   Nous voulons que le politique dirige l'économie.

   Ils sont rarement maires, conseillers, députés, sénateurs, ministres ou président. Non, non. Trop visible.

   Ceux qui dirigent nos vies se contentent de diriger nos dirigeants.

   Ça ils savent faire. Ils ont des siècles d'expérience.

   Nous les pensons en partenaires, ils nous pensent en ennemis.

   Ils nous doivent leurs plaisirs, nous leur devons nos misères.