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  3 - Un investissement inadapté des entreprises.  

 

Les entreprises investissent par l’achat de machines-outil, d’immeubles commerciaux, par le financement d’avances de fonds (des salaires par exemple) en vue de produire des biens et services et ainsi satisfaire les besoins de la nation ; des autres entreprises, des ménages et de l’État.

Cependant, cette production peut rester durablement inadaptée aux besoins réels d’un pays.

Deux exemples :

La fin de la société dite "de consommation" qui a reposé sur la production de biens d’équipement (réfrigérateurs, aspirateurs, voitures, par exemple) aux ménages n’a pas conduit à une production responsable et durable lorsque les besoins essentiels ont été satisfaits.

investissement conso 1 

 

Le scénario réellement observé est au contraire une continuité de la même logique de production jusqu’à l’absurde de la surconsommation.

La surconsommation conduit les entreprises à proposer des produits de moins en moins utiles, bon marchés, avec une durée de vie de plus en plus courte, et fabriqués dans des pays aux coûts salariaux très faibles.

 


 

L'agriculture chimique est adaptée au mode de distribution organisé par les systèmes de supermarchés. Elle permet de concentrer sur une parcelle une unique production qui satisfait la demande massive des grossistes et de l’industrie agro-alimentaire.

Nous en connaissons les limites : empoisonnement des sols, de l’eau, destruction de la faune et de la flore, sélection de plantes qui résistent aux transports et stockages au détriment de leurs qualités nutritives et gustatives.

 investissement conso 2

 

Un agriculteur chimique qui souhaite passer à l’agriculture bio devrait cultiver sur des parcelles plus petites, innover et se former aux nouvelles technologies de type permaculture pour être efficace. C’est incompatible avec l’actuel système de distribution qui exige une production de masse : l’agriculteur ne le peut tout simplement pas.

Conséquences : non seulement la « malbouffe » s’accentue avec son lot de pathologies délétères sur les populations, mais l’usage des poisons chimiques persiste dans les pratiques agricoles(1), même les poisons interdits continuent d’être utilisés massivement et frauduleusement(2).

 

 


 

Conclusion

En fait, il est très difficile de changer radicalement la production offerte aux ménages lorsque les innovations majeures imposent des changements d’infrastructure importants, des changements sociaux(1).

Les perspectives de croissance des entreprises deviennent limitées. Elles continueront d’investir, mais dans des secteurs d’activité dépassés pour lesquels la rentabilité est de plus en plus faible.

Sans pouvoir répondre à de nouveaux besoins, les dépenses d’investissement stagneront ou se délocaliseront vers des pays où les coûts de production seront plus faibles.

Illustrons cette situation avec notre exemple :

En début de période, la production est de 100 unités, avec un prix moyen de 1 000 /100 = 10 €.
Le revenu des ménages et des entreprises est de 100 x 10 € = 1 000 €.
Les ménages ne consomment pas la totalité de leur revenu : 85 %, soit 850 €.
Les projets des entreprises leurs font dépenser 150 € en investissement.

En résumé :

Revenu initial des ménages

Dépenses

Production en fin de période pour répondre à la demande globale

consommation

investissements

1 000,00 €

850,00 €

150,00 €

850 + 150 = 1 000,00 €

 

Lorsque la population en âge de travailler augmente de 10%, une nouvelle production est possible en plein emploi jusqu’à 110 unités.

Les ménages ne changent pas leurs comportements et consomment 85 % de leur revenu.

Mais les entreprises n’arrivent pas à satisfaire les nouveaux besoins de la nation et n’investissent que dans des secteurs d’activité obsolètes, devenus concurrentiels, avec des perspectives de profit moindres.

Leurs dépenses d’investissement seront plus faibles et n’atteindront pas le niveau nécessaire pour assurer une production de plein emploi.

Par exemple l’investissement sera de 160 € au lieu de 165 €.

La situation s'équilibre comme suit :

Masse monétaire

Dépenses

Production finale

Taux de chômage

consommation

investissement

1 067,00 €

907,00 €

160,00 €

Avec un prix moyen stable :
1067/ 10 = 107

(110 – 107)/110
= 3 %

 

Les conséquences sont les mêmes que celles décrites par le paragraphe « La consommation insuffisante des ménages » :

La production est ralentie, accompagnée d’une augmentation du chômage.

Les nations ont longtemps cherché à lutter contre ces dysfonctionnements.

Quatre politiques économiques seront présentée par lesquelles les pays tentent de se prémunir de ces situation :

L’augmentation de la masse monétaire par les banques centrales

La redistribution des revenus

La gestion du déficit des comptes publics

Le cas de la zone euro

 

 

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Schumpeter#Progr%C3%A8s_technique_et_changement_socialv