| Préparer la France au XXIeme siècle |
Nous sommes déjà engagés dans ce siècle, et qu’en savons nous ?
Deux informations sont connues, partagées par tous :
L’augmentation exponentielle des quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Une augmentation qui n’est pas prête de diminuer.
La fin du recours quasi-gratuit aux ressources minières, non renouvelables, et l’effondrement des ressources considérées jusque là comme renouvelables avec comme date limite 2030, 2040 pour les plus optimistes.
Ces deux éléments sont connus depuis cinquante ans et ont été validés et enrichis par des mises à jour régulières(1).
L’émergence de nouvelles puissances mondiales comme la Chine ne nous laisseront pas nous accaparer de ce qu’il reste de ressources pour continuer quelques décennies de plus.
Ci-dessous le scénario "Standard Run" du Rapport Meadows, 1972, mis à jour par Graham M. Turner (2012) et repris par Pablo Servigne & Raphaël Stevens (2015) : traits plein les observations réelles ; très proches du scénario « aucune mesures prises » du rapport en pointillé.

La dépense publique doit impérativement contribuer à préparer notre société, notre économie à surmonter ces nouveaux défis :
Ce n’est pas seulement une question de bon sens, mais aussi une question de compréhension du fonctionnement de nos économies marchandes :
- procurer les infrastructures nécessaires, juridiques, organisationnelles pour que les entreprisses puissent innover, investir, produire de manière adaptée aux besoins du pays et de la planète.
- retrouver des ménages qui dépensent leur revenu pour satisfaire des besoins réels.
Nous avons vu deux exemples de production inadaptées aux besoins réels du pays. Elles peuvent nous procurer des pistes d’action de l’État :
a) La société de surconsommation :
La dérive de la production industrielle à destination des ménages vers l’inutile et l’obsolescence programmée peut être corrigée ; quelques pistes :

Envisager une réglementation corrective des conditions de production et de vente des biens :
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- une fiscalité discriminante ; taxe kilométrique pour l’emprunte carbone.
- des sanctions contre l’obsolescence programmée par l’instauration d’une garantie de durée de vie du produit, d’une obligation de réparabilité.
- une labellisation préalable obligatoire avant la mise sur le marché sur l’emprunte carbone du bien.
- restreindre la publicité
Accompagner la production privée avec un secteur d’activité soutenu par la puissance publique dédié à la réparation des biens produits, au recyclage des matériaux utilisés.
Toutes ces pistes laissent percer des transformations sociales plus profondes :
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- le déplacement du rôle de l’État,
- des collectivités territoriales dans leur production de recyclage, leur relation au territoire,
- de la répartition public/privé du nouvel équilibre.
- du transfert de la population active de la production à l’entretien et la réparation,
- de la transformation du travail, de son sens,
- le passage d’une production basée sur la liberté de création d’entreprendre à une économie où cette liberté est subordonnée à labellisation ou autorisation.
- d’un entrepreneur qui doit percevoir la vente d’un produit comme un engagement en responsabilité sur plusieurs années.
b) L’agriculture biologique :
De même pour le passage à une agriculture responsable :
Nous avons vu que l’agriculture chimique est une création du système de distribution actuel. Le passage à une agriculture biologique ne pourra se réaliser qu’avec une transformation radicale de ce système de distribution. Le défi est là : acheminer des aliments pour des millions de personnes, les nourrir, mais mieux tout en restant efficace.
De plus, les compétences à mettre en œuvre pour utiliser les technologies nouvelles de l’agriculture biologique sont complètement différentes de celles de l’agriculture chimique.
Il serait dangereux d’ignorer les résistances aux changements qu’engendrent de telles transformations.
Au regard de ces quelques lignes, nous pouvons discerner les changements structurels nécessaires de notre société et les difficultés de réalisation : exerçons nous à percevoir les réformes nécessaires au changement de mode de transport par exemple.
(1) « Les Limites à la croissance » ou rapport Meadows 1972, actualisé en 2012 par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) publié par la Smithsonian Institution et en 2021 par Gaya Herrington, Harvard University